E01 – Du Mont-Dore à Orcival
20,9 km · D+ 956 m · D- 964 m · Alt. max ~1 490 m
Au matin, les sacs sont bouclés.
Enfin… bouclés. Disons plutôt qu'ils ont été fermés avec une conviction variable selon les participants. Certains ont pesé chaque gramme. D'autres ont visiblement appliqué la méthode « on verra bien ».
Le GR30 nous attend.


Nous quittons Le Mont-Dore en empruntant une variante qui nous permet de raccourcir légèrement le parcours. Ce n'est pas de la triche. C'est de l'optimisation. Du moins c'est ce qu'on se dit pour dormir tranquille ce soir.

Les premiers kilomètres servent à trouver le rythme. Les jambes répondent bien, les conversations vont bon train et chacun cherche progressivement son allure. C'est toujours le même phénomène au premier jour : on marche un peu trop vite, on parle un peu trop fort, et on s'émerveille de tout comme si on n'avait jamais vu un arbre.


La montée nous emmène vers les crêtes, avec en toile de fond la silhouette de la Banne d'Ordanche. Le paysage s'ouvre progressivement. Nous passons au lac de Guéry, perché à 1 244 mètres, le plus haut lac d'Auvergne, si l'on en croit le roadbook. Personne dans le groupe n'a vérifié, mais personne ne conteste non plus.


Plus loin, le chemin file en crête vers le Puy de Combe Perret avant de redescendre sur le lac de Servière, un ancien maar posé là comme un miroir parfait. Tout autour, les anciens abris de bergers, les « tras », rappellent qu'on n'est pas les premiers à trouver ces paysages un peu irréels.

L'endroit est tellement beau que nous décidons d'y poser les sacs pour le pique-nique.

Mauvais calcul.
Nous avons à peine le temps de sortir les sandwiches que le ciel commence à changer d'avis. Les nuages s'accumulent au-dessus des crêtes. Un premier grondement de tonnerre, encore lointain, vient ponctuer la conversation. Le genre de bruit sourd qui veut dire : « Mangez vite. »
Nous ne nous faisons pas prier. Le pique-nique est écourté, les sacs rebouclés en vitesse, et nous repartons avant que la situation ne se complique.
S'ensuit une belle traversée en forêt d'épicéas. L'ombre est bienvenue et, pendant quelques kilomètres, le ciel semble hésiter. Tout au long de la journée, les paysages ont alterné entre forêts, pâturages et chemins plus ouverts. Le plaisir de retrouver la randonnée est bien là.

Mais l'orage, lui, n'a pas oublié.
À environ trois kilomètres de l'arrivée, le ciel décide que ça suffit, les avertissements. Il éclate. Le genre d'orage qui hésite trois secondes, puis qui se dit que finalement, si, il va nous tomber dessus.

Nous terminons les derniers kilomètres sous la pluie avant d'arriver au gîte équestre de Lacroix, à proximité d'Orcival.

Notre hôte, Pierre, est un personnage.
Sous des airs un peu bourrus se cache quelqu'un de particulièrement généreux. Le genre d'homme qui vous accueille sans sourire et qui, cinq minutes plus tard, vous propose spontanément de vous prêter sa voiture pour aller dîner.
Parce que le restaurant se trouve à environ 800 mètres. Et que repartir à pied sous la pluie, après 21 kilomètres et 956 mètres de dénivelé positif, ce n'est même pas du courage. C'est de l'acharnement.
Nous acceptons volontiers.

La soirée se termine tranquillement autour d'un bon repas. C'est l'heure du premier bilan. Les jambes tiennent. Les pieds protestent un peu mais rien de dramatique. Le moral est excellent.

La bière du soir est ouverte
Une première journée déjà bien remplie qui lance parfaitement cette semaine autour du massif du Sancy.
Demain, Orcival - Aydat. Vingt-quatre kilomètres. Et toujours pas de plan pour le pique-nique.
Mais ça, on ne le sait pas encore.

