E02 – D'Orcival à Aydat
23,9 km · D+ 644 m · D- 660 m · Alt. max ~1 050 m
La veille au soir, avant de dîner, nous avions profité de la voiture de Pierre pour aller découvrir la basilique Notre-Dame d'Orcival. Un joyau d'art roman auvergnat, posé là au creux du village comme s'il avait toujours été évident qu'il fallait bâtir quelque chose de magnifique à cet endroit précis.
Pierre, notre hôte, est vraiment quelqu'un de sympathique. Même si son humour est parfois… particulier. Les plaisanteries à connotation sexuelle reviennent régulièrement dans ses conversations. Disons qu'il faut le savoir avant de s'asseoir à sa table. Mais derrière l'humour discutable, la générosité est réelle.
Après une bonne nuit, Pierre nous prépare le petit-déjeuner.
Tout est parfait.
Enfin… presque.
Au moment de partir, nous réalisons que nous avons oublié d'acheter notre pique-nique. Six adultes, dont certains ont déjà fait Compostelle, et personne n'a pensé à prévoir le déjeuner. On est au sommet de l'organisation.
Des cavalières allemandes, elles aussi hébergées au gîte, nous indiquent qu'un café à Recoleine pourrait peut-être nous dépanner. Nous tentons notre chance.
Le café ne vend pas de sandwichs. Il ne veut même pas nous préparer quelques crêpes à emporter.
Nous repartons malgré tout avec ce qu'il reste dans la boutique : un saucisson dont la date de péremption relève davantage de l'archéologie que de l'alimentation, un morceau de fromage suffisant pour trois personnes, trois d'entres nous ne consomment pas ce genre de produit, et quelques biscuits.
Le pique-nique sera frugal.

Nous déjeunons un peu plus tard dans un sous-bois. Finalement, cela fait très bien l'affaire. Il y a quelque chose dans la randonnée qui rend n'importe quel repas acceptable à partir du moment où l'on est assis et que personne ne vous demande de remonter une pente.

Le GR30 quitte aujourd'hui les monts Dore pour entrer dans la Chaîne des Puys, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous traversons le secteur des volcans de la Vache et de Lassolas avec leurs coulées figées, avant de cheminer par le plateau de la Serre, entre le lac de la Cassière et le lac d'Aydat.

L'après-midi se déroule sans difficulté particulière et nous rejoignons le camping La Clairière, à Aydat.
C'est ici que les choses sérieuses commencent.
Non, pas la randonnée.
Le rituel.

Une bière. Une douche. Une lessive. Et, pour certains, un passage par la piscine.
Oui, la piscine.
Petit détail : personne n'a pensé à emporter un maillot de bain. Nous sommes six randonneurs itinérants, nous avons prévu des ponchos, des pansements, des bâtons télescopiques et trois paires de chaussettes de rechange, mais pas un seul maillot.
Qu'à cela ne tienne. Nous nous baignons en sous-vêtements.

Il faut imaginer la scène : six adultes en petite tenue dans une piscine de camping, entre les familles en vacances et les enfants avec leurs bouées. L'élégance n'est pas au rendez-vous, mais le bonheur, si.

Le camping possède un restaurant normalement fermé le dimanche. Mais la patronne accepte exceptionnellement de nous recevoir car nous avions réservé depuis longtemps. C'est finalement son beau-père qui nous prépare un excellent plat de spaghetti bolognaise.
On ne les attendait pas, mais on ne les a pas regrettées.
Après le repas, Marie-France et moi décidons de prolonger la soirée par une petite balade jusqu'au lac d'Aydat, pendant que le reste du groupe profite d'une soirée plus calme. Le lac, né d'une ancienne coulée de lave, est paisible sous la lumière du soir.


Une nouvelle journée s'achève. Le rituel se met en place. Les jambes suivent. Le moral est au beau fixe.