E03 – D'Aydat à Saint-Nectaire
20,8 km · D+ 633 m · D- 734 m · Alt. max ~950 m
La nuit a été… mouvementée.
Nous dormions tous les six dans un dortoir de huit lits. Ce qui, en théorie, laisse deux places libres et une marge de manœuvre confortable. En pratique, cela signifie six avis différents sur la température idéale d'une chambre.

Le débat s'engage rapidement : faut-il laisser la porte ouverte ou fermée ? Les fenêtres ? Entrouvertes ? Grand ouvertes ? Fermées avec un courant d'air savamment organisé ?
Finalement, les fenêtres restent ouvertes et la porte fermée. Un compromis que tout le monde accepte. Pendant environ deux heures.
Parce que la température chute rapidement pendant la nuit. Installé sur le lit du haut, ce qui semblait être une bonne idée avant le coucher, je finis par avoir froid. Au beau milieu de la nuit, je descends tant bien que mal récupérer une couverture supplémentaire.
Le lit superposé n'étant pas réputé pour sa discrétion, chaque mouvement déclenche une véritable symphonie de grincements. Des craquements métalliques. Des vibrations. Le genre de bruit qui réveille tout un dortoir et qui fait passer son auteur pour un cambrioleur particulièrement maladroit.
Je ne suis pas certain d'avoir été le plus populaire de la chambrée à ce moment-là.
Le réveil est matinal. La météo annonce une journée chaude et nous préférons partir tôt. Le ciel reste couvert pendant une bonne partie de la matinée, ce qui rend la marche agréable.


Nous longeons d'abord le lac d'Aydat, puis le chemin s'engage vers le sud à travers un relief vallonné typique des plateaux auvergnats. Passage près du dolmen de Cournols, un monolithe discret mais bien là, planté au milieu de nulle part depuis quelques millénaires, avant d'attaquer la descente dans les gorges de la Monne.

La descente est superbe.

La remontée, beaucoup moins.
Le point bas se situe vers 690 mètres. Ce qui veut dire que tout ce qu'on a descendu, il faut le remonter. Les jambes commencent à comprendre que le GR30 n'est pas une promenade de santé.
C'est à partir de ce jour que Marie-France et Sylvain commencent à prendre leurs distances. Pas au sens relationnel, au sens kilométrique. Ils marchent devant. Parfois bien devant. Le genre « on les aperçoit au sommet quand on attaque la montée ». Leur talent particulier, c'est de repérer systématiquement les meilleurs endroits pour faire une pause. Quand nous arrivons, essoufflés, ils sont déjà installés, frais comme des gardons.
C'est agaçant.
Et rassurant.
À midi, nous faisons notre pause déjeuner à l'aire de camping d'Olloix. Après cette coupure bienvenue, une nouvelle montée nous attend, suivie d'une longue descente parfois bien caillouteuse.


En fin d'après-midi, nous arrivons à Saint-Nectaire, célèbre pour son église romane et son fromage — deux excellentes raisons de s'y arrêter. Nous passons la nuit à l'Hôtel de la Paix.

Après la traditionnelle douche, nous partons visiter l'église. Puis le marché nocturne nous tend les bras. La soirée se poursuit autour d'un apéritif, puis d'un bon dîner.

Demain nous attend l'une des étapes les plus exigeantes de cette randonnée. Vingt-cinq kilomètres et presque mille mètres de dénivelé positif.
Autant profiter pleinement de cette soirée.





