5 min de lecture

E08 – De Chareire au Mont-Dore

E08 – De Chareire au Mont-Dore

20,2 km · D+ 912 m · D- 1 081 m · Alt. max 1 885 m

Dernier réveil.

Le petit-déjeuner est servi à 7 h 30 et, à 8 h 30, nous prenons le départ de cette ultime étape. Nous savons tous qu'elle sera la plus exigeante de la semaine. L'étape reine. L'ascension du Puy de Sancy, point culminant du Massif central, avec ses 1 885 mètres et ses promesses de panoramas, à condition que le ciel ne décide pas, une fois de plus, de nous gâcher la fête.

Dès les premiers mètres, le chemin s'élève en sous-bois à travers la vallée de la Fontaine Salée, au cœur de la Réserve Naturelle Nationale de Chastreix-Sancy. La montée est régulière et très agréable. Le genre de montée qui vous fait croire que la journée sera douce. C'est un piège.

Comme souvent, Marie-France, Sylvain et moi prenons un peu d'avance sur le reste du groupe. C'est devenu un schéma tellement rodé que personne ne le commente plus.

Un peu plus loin, nous arrivons à un carrefour.

Cette fois, le balisage réserve une petite surprise. Alors que la logique voudrait continuer à monter, c'est la descente qu'il faut emprunter.

Nous suivons le balisage.

Claudine, Bernard et Françoise, persuadés qu'il faut continuer vers le sommet, partent d'un bon pas dans la mauvaise direction.

Résultat : environ deux kilomètres supplémentaires avant de retrouver le bon chemin.

Il fallait bien une dernière anecdote pour clôturer cette randonnée. Et au moins, cette fois, ce n'est pas nous qui nous sommes trompés. Ce qui, en huit jours, relève presque de l'exploit.

Nous poursuivons notre ascension. La pente devient rapidement plus soutenue à travers les pâturages. À mesure que nous prenons de l'altitude, le panorama s'ouvre de plus en plus. Au loin, les monts du Cantal se dessinent, tandis que le lac Chauvet apparaît en contrebas. Une première pause est la bienvenue avant d'attaquer la suite.

Après environ une heure de montée supplémentaire, nous faisons un nouvel arrêt en attendant le reste du groupe. Avec Sylvain et Marie-France, nous avançons quelques mètres sur une crête afin de profiter encore davantage du paysage. C'est un de ces moments où l'on ne dit rien parce qu'il n'y a rien à dire. Le paysage parle tout seul.

Lorsque tout le monde est réuni, il ne reste plus que la dernière ascension du Puy de Sancy.

Bien sûr, c'est la plus raide.

Et aussi la plus fréquentée. Après une semaine passée presque seuls sur les sentiers, cela fait drôle de retrouver autant de randonneurs. Du jour au lendemain, on passe de la solitude du Cézallier aux embouteillages du sommet. Le choc culturel est réel.

Les derniers mètres demandent un dernier effort, mais l'arrivée au sommet efface rapidement la fatigue.

À 1 885 mètres, la vue est exceptionnelle. Un panorama à 360 degrés sur une bonne partie de ce que nous avons traversé cette semaine. Nous essayons de retrouver tous les lieux : le château de Murol, le lac Chambon, le lac Montcineyre, La Godivelle, le plateau du Cézallier, le lac Chauvet.

Lac Chauvet au loin
Lac Chambon et château de Murol

Une belle façon de mesurer tout le chemin parcouru. Et de se rendre compte qu'on a marché tout ça. Avec nos pieds. Volontairement.

Nous descendons un peu sous le sommet pour nous installer sur les aménagements en bois et prendre notre dernier pique-nique de la randonnée.

Il est ensuite temps d'entamer la descente. Et c'est probablement la partie la plus technique de toute la semaine. Les grandes marches, les passages rocheux, le secteur du Pas de l'Âne entre Sancy et Puy de Chabanne, le terrain parfois irrégulier, tout cela demande de rester concentré. Ce n'est pas le moment de contempler le paysage. Ou plutôt si, mais pas en marchant.

Une fois cette difficulté passée, le sentier suit les crêtes et nous offre encore de magnifiques points de vue des deux côtés avant de plonger vers Le Mont-Dore.

La descente est longue. Nous faisons une dernière vraie pause autour d'un bon café avant d'aborder les derniers kilomètres.

Petit à petit, nous retrouvons les premiers chemins familiers. Puis apparaît enfin notre point de départ.

Le gîte des Hautes Pierres.

La boucle est bouclée.

Nous récupérons les voitures avant de rejoindre le centre du Mont-Dore. Impossible de se quitter sans partager un dernier verre ensemble. Cette fois, ce sera un Perrier.

Oui. Même ceux qui buvaient de la bière toute la semaine.

L'occasion de faire quelques derniers achats avant de reprendre la route. Une heure plus tard, chacun reprend le chemin de la maison.

Le GR30 est terminé.

Huit jours. Des paysages magnifiques. Quelques orages. Un peu de grêle. Des montées dont nous nous souviendrons. Des parties de belote. Des rencontres. Beaucoup de fous rires.

Et une nouvelle aventure que nous ne sommes pas près d'oublier.