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E07 – D'Égliseneuve-d'Entraigues à Chareire

E07 – D'Égliseneuve-d'Entraigues à Chareire
Lac du bois de Gayme

22,1 km · D+ 630 m · D- 409 m · Alt. max ~1 190 m

Après une bonne nuit, nous rangeons et préparons notre départ pour être rapidement en marche après le petit déjeuner,  Jusqu'à ce que Bernard décide de soigner son genou douloureux.

Il fouille dans sa trousse de toilette, attrape un tube, et commence à s'appliquer une généreuse couche de pommade.

Sauf que ce n'est pas de la pommade.

C'est du dentifrice.

Il faut quelques secondes pour que l'information circule. Puis le premier regard. Puis le premier sourire. Puis l'explosion.

Le fou rire est total. Le genre qui dure cinq bonnes minutes, qui repart quand on croit que c'est fini, et qui laisse tout le monde les larmes aux yeux. Bernard, genou mentholé et dignité en miettes, finit par rire autant que les autres.

On retiendra que le dentifrice n'a pas guéri le genou. Mais il a considérablement amélioré l'ambiance.

Nous prenons notre petit-déjeuner au Road Runner, le restaurant où nous avions dîné la veille. Le nom du restaurant ne colle pas tout à fait avec notre rythme de marche, mais passons.

Avant de partir, nous faisons un détour par le Vival du village afin d'acheter notre pique-nique. Malheureusement, les rayons sont presque vides. Il faudra composer avec ce qu'il reste. Tant pis, le déjeuner sera un peu plus léger que prévu.

On commence à se demander si le GR30 ne nourrit pas mieux les yeux que les estomacs.

Aujourd'hui, notre itinéraire diffère du GR30 classique. Comme nous avons choisi de réaliser le tour en huit jours au lieu de la version longue, nous empruntons le GR4 afin de remonter vers le nord-ouest et rejoindre le GR30 au niveau du lac Chauvet. Les deux sentiers partagent le même balisage blanc-rouge, ce qui rend les intersections un brin sportives côté navigation.

Dès la sortie d'Égliseneuve-d'Entraigues, le ton est donné avec une montée assez longue qui permet de se mettre rapidement en jambes. On n'a pas fini le café que les cuisses travaillent déjà.

Une fois cette difficulté passée, le chemin devient beaucoup plus roulant. Le plateau du Cézallier déroule ses estives et ses tourbières, et la progression est agréable. Comme souvent dans les montées, Marie-France, Sylvain et moi avons pris un peu d'avance. Mais sur le plat, le groupe se reforme, surtout quand je m'arrête pour une énième photo et que je me retrouve bon dernier.

Nous faisons une première pause au lac Chauvet avant de retrouver officiellement le balisage du GR30. Un peu plus loin, nous croisons un groupe de scouts du Périgord Blanc. Ils nous demandent d'où nous venons et où nous allons, puis nous donnent quelques informations sur la suite du parcours. Un échange sympathique, comme on en fait souvent sur les chemins de randonnée. Le genre de conversation qui commence par « Vous allez encore loin ? » et qui finit par un résumé complet de la météo, de l'état des sentiers et de la qualité des gîtes sur les cinquante prochains kilomètres.

lac Chauvet

À midi, nous nous installons près de la cascade de la Barthe pour notre pause déjeuner. Compte tenu de nos courses du matin, le pique-nique est un peu plus léger que d'habitude. Mais il fait parfaitement l'affaire. On ne fait pas la fine bouche au septième jour.

Cascade de la Barthe

Après une bonne heure de pause, nous reprenons tranquillement notre marche. Avant d'arriver à Picherande, nous faisons un petit détour jusqu'au lac du Bois de Gayme, où nous nous accordons une nouvelle pause.

C'est à ce moment-là que Sylvain retire ses chaussures.

Il découvre alors une ampoule sous la plante du pied, juste sous les orteils. Dire que c'est une ampoule est peut-être un peu réducteur. Sa taille ferait plutôt penser à un petit projecteur. Le genre de cloque qui mériterait son propre code postal.

Après une opération Compeed menée avec le sérieux d'une intervention chirurgicale, et les commentaires d'une équipe de supporters, tout rentre dans l'ordre et nous pouvons repartir.

Lac du bois de Gayme

Nous rejoignons ensuite Chareire, hameau de Picherande, au pied sud du Sancy. Nous passons la nuit à l'auberge du Taraffet.

Arrivée à Chareire

Comme chaque soir, chacun retrouve rapidement ses habitudes. Certains commencent par la douche puis l'apéritif. Et pour quelques-uns, l'ordre importe finalement assez peu.

Ce soir est un peu particulier. C'est notre dernier dîner ensemble avant la fin de cette randonnée. Une bonne raison de prendre un petit apéritif avant de passer à table.

À notre retour dans la salle commune, une bonne surprise nous attend. Un jeu de cartes est déjà là. Il n'en faut pas davantage pour lancer une nouvelle partie de belote.

Cette fois, l'équipe est composée de Bernard, Marie-France, Sylvain et moi. Les parties s'enchaînent tranquillement jusqu'à 23 heures.

Demain sera déjà la dernière étape.

Le GR30 touche doucement à sa fin.

Autant ne pas y penser tout de suite.

Voiture cartonnée !