E06 – De Brion à Égliseneuve-d'Entraigues
16,4 km · D+ 335 m · D- 598 m · Alt. max ~1 270 m
Après une bonne nuit, malgré le coucher tardif, et un petit-déjeuner préparé par Frédérique et Marc, nous décidons de ne pas partir immédiatement.
À seulement un kilomètre du gîte se trouve une sculpture que nous avons envie d'aller découvrir. Comme l'étape du jour est la plus courte de notre randonnée — seize kilomètres et une majorité de descente — nous pouvons nous permettre ce petit détour.

Deux kilomètres aller-retour plus tard, nous revenons au gîte, récupérons nos sacs et reprenons enfin le GR30.

Le ciel est couvert. Une fois de plus, les orages semblent vouloir nous accompagner. À ce stade, on commence à se demander si ce n'est pas personnel.
Nous sommes en plein cœur du Cézallier. Le paysage a changé. Les forêts ont laissé la place à de larges estives, des tourbières protégées où poussent les droséras — ces plantes carnivores minuscules qui semblent aussi inoffensives qu'improbables — et un horizon qui s'étire dans toutes les directions.


Nous avançons tranquillement jusqu'à La Godivelle, l'un des villages les moins peuplés d'Auvergne, posé entre ses deux lacs d'En-Haut et d'En-Bas. Nous y faisons une courte pause. Un premier orage passe au loin et nous épargne.


Pour le moment.
Nous poursuivons notre marche jusqu'au village d'Espinchal. Au milieu du village, nous découvrons un abri aménagé par la mairie spécialement pour les randonneurs. On y trouve des toilettes, un évier, de quoi préparer un thé ou un café, et même une boîte à livres.

Un endroit comme on aimerait en rencontrer plus souvent. Le genre d'attention qui dit beaucoup sur les gens qui vivent ici.

Une dizaine de minutes après notre arrivée, nous comprenons que nous avons bien fait de nous arrêter. Le tonnerre commence à gronder. Quelques gouttes tombent, rapidement suivies d'une averse plus franche.
Nous sommes bien contents d'être à l'abri.

Finalement, cette pause improvisée va durer beaucoup plus longtemps que prévu. Près de deux heures. Pendant que certains sortent les cartes, d'autres en profitent pour faire une petite sieste. Personne ne semble vraiment pressé de repartir. On pourrait presque s'y installer.

Vers 14 h 30, le ciel paraît enfin plus clément. Il ne nous reste plus qu'environ 6,5 kilomètres pour rejoindre Égliseneuve-d'Entraigues. En approchant du village, nous passons à côté de deux cascades avant d'arriver tranquillement au gîte communal Les Rivaux.



Les habitudes sont désormais parfaitement rodées. Les sacs sont posés. Direction la douche. Puis vient une mission tout aussi importante : trouver où dîner.
Heureusement, nous n'avons pas besoin d'aller bien loin. Un restaurant se trouve quasiment en face du gîte. Il accepte de nous préparer le dîner et le petit-déjeuner du lendemain matin.
Le patron est un personnage.
Au premier coup d'œil, on l'imagine facilement ancien biker. Son tee-shirt du Hellfest ne fait que renforcer cette impression. Et il faut bien l'avouer, cela nous plaît plutôt. On n'est pas obligé de ressembler à un guide de randonnée pour savoir nourrir des marcheurs.
Le repas est servi à 19 heures précises, le restaurant fermant à 20 h 30. Pas de temps à perdre.
Avant de repartir, nous tentons une petite négociation :
Vous ne pourriez pas nous prêter un jeu de cartes pour la soirée ?
Le patron hésite quelques instants.
Puis accepte.
Nous repartons donc au gîte avec un jeu de cartes… et une bière, bien sûr.
Les habitudes ne changent pas.
La soirée passe tranquillement autour de quelques parties de cartes.
À 22 h 45, tout le monde est au lit.
C'est tôt. On progresse.


