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E05 – De Besse à Brion

E05 – De Besse à Brion
Lac de Montcineyre

18,4 km · D+ 625 m · D- 429 m · Alt. max ~1 270 m

Après une bonne nuit et un solide petit-déjeuner, nous quittons l'hôtel avec un premier objectif : passer au supermarché de Besse pour acheter de quoi préparer notre pique-nique.

Cette fois, personne n'a oublié.

Les sacs sont rapidement remplis et nous prenons enfin la direction de Brion. Il n'est pas très tôt lorsque nous quittons Besse, mais la journée commence tranquillement.

Enfin… jusqu'au premier kilomètre.

Très rapidement, le ciel devient menaçant. Un orage semble prêt à éclater. Inutile de jouer les héros : nous rebroussons légèrement chemin pour nous mettre à l'abri sous la terrasse d'une maison inoccupée.

Le rituel est maintenant bien rodé. Chacun sort son poncho et protège son sac. Six silhouettes colorées recroquevillées sous un auvent, attendant que le ciel se calme. On a vu plus glorieux.

Une dizaine de minutes plus tard, l'orage est passé. Nous pouvons repartir. Comme quoi, il suffit parfois d'un peu de patience — et d'un toit.

Tourbière

La montée nous conduit vers le lac Pavin, perché à 1 197 mètres. Le plus jeune lac de cratère de France, paraît-il, avec ses 92 mètres de profondeur. Il est toujours aussi impressionnant, sombre, rond, parfaitement dessiné, mais nous gardons malgré tout un œil sur le ciel. Les nuages noirs sont toujours là et semblent avoir décidé de nous suivre depuis le départ.

Lac Pavin

Nous poursuivons par le Puy de Montchal avant de descendre vers le lac de Montcineyre, en forme de croissant. C'est là que nous décidons de nous arrêter pour déjeuner.

Lac de Montcineyre

Alors que nous nous installons, le garde du lac vient nous voir. Il nous demande simplement de faire attention où nous marchons, car le site est envahi de tout petits crapauds.

Grande discussion avec le garde barbu
La maison du garde

En regardant de plus près, nous en apercevons effectivement partout. Des centaines. Des minuscules. Ils sautillent dans les cailloux comme s'ils avaient toujours été là et que c'était nous les intrus, ce qui, à bien y réfléchir, est exactement le cas.

Il vaut mieux lever les yeux pour le paysage… mais aussi regarder où l'on met les pieds.

Notre pique-nique terminé, nous décidons de repartir assez rapidement. Le vent est en train de tourner et pousse de gros nuages dans notre direction.

Pendant plusieurs kilomètres, tout se passe bien.

Puis, alors que Compains est enfin en vue, un éclair frappe tout près de nous.

Cette fois, il n'y a plus de doute. L'orage arrive. Et il arrive vite.

Mais, contrairement aux jours précédents, ce ne sont pas de grosses gouttes de pluie qui tombent.

C'est de la grêle.

Des grêlons de la taille de billes rebondissent tout autour de nous. On ne sait pas très bien s'il faut courir, s'accroupir ou simplement accepter la situation. Nous optons pour un abri improvisé sous les branches les plus épaisses que nous trouvons et attendons que ça passe.

Heureusement, cinq minutes plus tard, tout est terminé. Le sol est blanc, l'air sent le frais, et nous reprenons notre marche comme si de rien n'était. Ou presque.

Restes de grêle sur le bord de la route

Nous arrivons à Compains, où un grand abri équipé de tables nous permet de faire une pause autour d'un café ou d'un thé. L'abri est providentiel. Le café aussi.

Compains

Il nous reste encore une dernière montée, un peu raide, par le bois Saint-Georges, pour rejoindre la motte de Brion et son belvédère sur les estives du Cézallier. L'entrée dans le plateau est un changement de décor : plus d'arbres, plus de clôtures. Juste l'herbe, le vent et l'horizon.

Brion en vue avec sa bute

En fin d'après-midi, nous arrivons enfin au gîte Lapier, où Frédérique et Marc nous accueillent chaleureusement.

Gite Lapier

Les habitudes sont désormais parfaitement installées. On pose les sacs. On prend une douche. On fait une lessive. Et seulement après, pas avant, c'est important, on s'offre une bière bien méritée.

Avant le repas, nos hôtes nous offrent un kir Birlou, un apéritif à base de pomme et de châtaigne. Une belle découverte. Le genre de spécialité locale qui donne envie d'en ramener trois bouteilles et de n'en garder aucune.

Frédérique et Marc D'enclos au premier plan

Le dîner terminé, la soirée est loin d'être finie.

Avec Sylvain et Marie-France, nous sortons un jeu de cartes et lançons une partie de belote. Nous pensions jouer une partie. Puis une deuxième. Finalement, nous ne regardons l'heure qu'au moment de ranger les cartes.

Il est déjà largement minuit passé.

Le réveil risque d'être un peu plus difficile demain matin.

Mais la belote, c'est non négociable.

Framboise, nous en avons fait une cure quasiment tous les jours